Le mardi sur son 31 #2

Hello les bouquineurs de passage !

C’est un peu la loose d’enchaîner sur un 2ème  » Mardi sur son 31 » sans rien vous proposer d’autre, mais je suis un peu au point mort niveau chroniques littéraires…

Mais point de plaintes ! Profitons de ce petit RDV hebdomadaire, découvert sur le blog Lire&vous et initié à la base par Les bavardages de Sophie.

Chaque mardi, on partage la page 31 de sa lecture en cours.
Aujourd’hui Les Dames de Kimoto de Sawako Ariyoshi, c’est parti !

A dire vrai, le ciel n’était pas aussi pur que par certains matins d’hiver. Le précoce printemps avait déjà apporté des nuages diaphanes comme la bourre de soie dont on fait les voiles de mariées, et le froid du matin avait cédé la place à un air tiède.

Un peu après 3 heures, le cortège atteignit le village d’Iwade. Là les attendaient les Yoshi, récemment enrichis par la prospérité qui avait suivi la guerre sino-japonaise de 1894. Ravis de compter parmi ceux chez qui la mariée – une Kimoto de Kudoyama ! – faisait une halte, ils lui réservèrent un accueil chaleureux auquel participa tout le village. Il ne vint pas à l’esprit de Hana que Toyono pouvait avoir une raison spéciale de choisir uniquement les anciennes familles de la rive droite – ce qui ne l’empêcha pas de remarquer qu’au fur et à mesure qu’on descendait le fleuve, si les familles étaient plus prospères, la terre, elle, devenait plus pauvre. Elle découvrit aussi que chaque région avait une atmosphère particulière et elle se demanda quelle serait celle de Musota où elle allait vivre sa vie de femme mariée.

Cette petite page 31 donne un avant goût plutôt fidèle du roman Les Dames de Kimoto, où la nature et, plus généralement, le rapport à la nature conservent une place importante.

J’espère vous en reparler très vite !

Et vous, que lisez-vous en ce moment ?

La papeterie Tsubaki de Ito Ogawa

Hello les bouquineurs !

Envie d’un peu de tendresse dans ce monde de brutes ?
De beauté et de douceur mais sans mièvreries ?

Plongez-vous sans tarder dans La papeterie Tsubaki, dépaysement et apaisement garantis.

Petit résumé de la 4ème de couverture

« Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l’art difficile d’écrire pour les autres.
Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.
Et c’est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues. »

J’avoue avoir eu du mal à m’accommoder au rythme des toutes premières pages. Mais il faut dire que je sortais tout juste des 600 pages de La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker, véritable « page-turner » trépidant.

Il m’a bien fallu laisser passer 2,3 jours avant de reprendre La papeterie Tsubaki, pour réussir à décélérer et enfin me laisser porter par la tranquillité de son tempo. 

Un rythme lent donc, à la limite de la contemplation, qui force à la déconnexion de notre propre quotidien.

Pendant une année, au fil des saisons, Hatoko, narratrice, nous dépeint sa vie d’écrivain public. Entre tâches domestiques et interactions avec sa voisine, Hatoko découvre son nouveau métier, enseigné avec rigueur depuis sa plus tendre enfance par sa grand-mère, l’Aînée.

D’abord subie, cette situation va lui permettre de s’ouvrir aux contacts des autres, clients et voisinage, tout en se découvrant elle-même.

Ce roman est une jolie déclaration d’amour au métier d’écrivain public, à l’importance de l’écrit et à la beauté de la calligraphie.
Forte de cette envie de partager cet art, l’autrice a parsemé de nombreuses inclusions avec les visuels des lettres réalisées par Hatoko.  

Parce qu’elle goûte aux plaisirs d’un thé fumant préparé avec soin, s’émeut du cycle de floraison des fleurs ou de la beauté d’un paysage, Hatoko, à travers ses sorties et ses méditations dans les temples, prend le temps de vivre et nous donne envie, à nous aussi, de ralentir.

Un livre d’une douceur et d’une sagesse imparable mais qui ne se veut pas niais. Il offre en effet une bien jolie galerie de personnages, sans manichéisme, chacun(e) portant en soi sa part d’ombres et de regrets.

Prenez le temps de goûter à la douceur de vivre…
Un livre qui se déguste page après page.

Catégorie : 5*

Les délices de Tokyo de Naomi Kawase [Film]

delices-tokyoHello les bouquineurs de passage,

Tentons d’insuffler un peu de vie à ce blog en complète perdition et une fois n’est pas coutume, parlons cinéma (Tchi tcha !).

L’édition 2018 du Festival de Cannes a débuté la semaine passée et à cette occasion, Arte diffuse de nombreux films primés, dont ce bien joli film : Les délices de Tokyo de Naomi Kawase.

 

Petit point résumé :

Sentarô tient une petite échoppe de dorayakis, pâtisserie japonaise faite de 2 pancakes garnis de pâte de haricots rouges. Taciturne, Sentarô exerce son métier non sans une certaine monotonie. Un jour, il fait la connaissance de Tokuê, une femme quelque peu âgée qui répond à son offre d’emploi d’aide en cuisine. Gêné par son âge avancé, Sentarô lui refuse d’abord le poste. Mais mis devant les talents exceptionnels de cette cuisinière hors-pair, il finira par l’engager.
Entre ces 2 passionnés de cuisine va dès lors se tisser un véritable lien d’amitié sous l’œil complice de Wakana, une jeune collégienne esseulée. 

Mon avis ? Ce film est un véritable coup de cœur.
En relatant le quotidien de ces 3 personnages dans le Tokyo d’aujourd’hui, la réalisatrice dépeint tout en nuances la société japonaise actuelle et dénonce les différentes formes d’exclusion dont sont victimes Sentarô, Tokuê et Wakana.

Une histoire de transmission intergénérationnelle mais aussi une réflexion sur le poids du passé qui imposent nos « choix » de vies.

Les 3 personnages sont touchants et attachants, on se prend d’affection pour eux et on a envie de se glisser avec eux, dans la petite boutique baignant dans l’odeur des dorayakis.

Adapté du roman éponyme de Durian Sukegawa, que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire, Les délices de Tokyo est un film plein de grâce, une ôde à la tolérance et une exhortation à rester soi-même et à suivre sa propre voie.

Un vrai petit bijou d’humanité et de sensibilité que je ne saurai trop vous recommander en ces temps de repli sur soi et de peur de l’autre.

N’hésitez pas à le (re)voir ce soir sur Arte ou dès à présent (gratuitement !!) sur leur site, jusqu’au 20 mai !

Catégorie : *****

 

 

 

Les années douces T2 de Taniguchi et Kawakami

les annees douces T2Hello les bouquineurs !

Je ne suis pas vraiment en avance, mais il me reste encore un peu de temps de vous souhaiter une belle année. Qu’elle soit douce, pleine de joies, de bonheurs et de chouettes lectures.

Je ne pouvais pas commencer cette nouvelle année sans évoquer la suite du joli manga dont je vous parlais la dernière fois, Les années douces. Alors ce deuxième tome est-il à la hauteur du premier ?

Aperçu de la 4ème de cette couv :

« Tous les deux nous avions pris le train. Tous les deux nous étions montés dans le bateau. Tous les deux nous étions arrivés dans cette petite auberge… Mais le maître a insisté pour que nous prenions des chambres séparées. »

J’attendais avec impatience que la relation entre Tsukiko et le maître avance et me voilà comblée. Dès le début de ce tome, la jeune femme se découvre petit à petit des sentiments envers le maître. Déception, jalousie et frustration, Tsukiko, d’habitude si impassible, bouillonne. Ses sentiments sont d’autant plus exacerbés que, de son côté, le maître demeure toujours aussi calme et imperturbable. Lire la suite »

Les années douces T1 de Taniguchi et Kawakami

les annees douces
Vous avez demandé une photo mochouille, ne quittez pas…

Hello les bouquineurs !

Une note rapide aujourd’hui pour vous parler d’un bien joli manga. Comment çà « pouah, un manga ! ». Ah mais attendez, ne fuyez pas ! Regardez la sobriété de cette couverture avec ces 2 personnages tout en retenue, et puis, rien que le titre, Les années douces, çà donne envie non ?

Le petit topo de la 4ème de couv ?

« Siroter du saké, l’un à côté de l’autre, dans notre habituel troquet… c’est plutôt cela notre style de rencontre. Je dis « rencontre », mais en fait, nous ne nous fixons pas rendez-vous. Nous nous retrouvons par hasard, à la même heure, au même endroit. »

Une accroche qui m’a d’emblée conquise : Qui était ce « couple » qui se retrouvait par hasard ? Pourquoi se voyaient-ils, qu’y avait-il entre eux ? C’est toute l’intrigue de ce premier tome.

Tsukiko est une jeune femme de 37 ans. Célibataire, sans enfant, elle vit seule et a un peu de mal avec les hommes. Non qu’elle soit repoussante, mais un peu trop cérébrale, elle ne se laisse pas trop débordée par la pasiòn. Mais elle aime bien sortir le soir dans les bars pour boire un petit coup, s’enivrer, manger un bon petit plat. Au hasard d’une de ses sorties, elle est apostrophée par son ancien professeur de japonais, qu’elle nommera tout au long « le maître », de 30 ans son aîné. Appréciant la présence réciproque de l’autre, ils se rencontreront de plus en plus fréquemment.

Je ne sais pas ce qui m’a le plus plu dans ce livre : l’ambiance imprégnée de nostalgie, la grande solitude de ces 2 êtres qui se trouvent et qui prennent plaisir à passer du temps ensemble pour partager des choses simples : un verre de saké chaud, des plats savoureux ou des anecdotes de vie.

Bon, il faut être honnête, il ne se passe pas mille choses dans ce livre. Le récit se concentre avant tout sur la relation entre le maître et son ancien élève, dépeignant le quotidien plutôt banal de nos 2 anti-héros. Évocation de souvenirs, contemplation de la nature, l’histoire prend son temps, avance doucement, à l’instar des sentiments de nos deux compères.

Ce manga, inspiré du roman de Hiromi Kawakami, a été mis en images par Jirô Taniguchi. Je ne suis pas du tout une experte en dessin, mais je me disais bien que le trait me disait quelque chose. Et effectivement, il s’agit du mangata qui a fait Quartier Lointain, dont on retrouve un peu la nostalgie d’ailleurs.

Une fois terminé, j’ai été un peu triste de fermer ce livre, gagnée par cette mélancolie ambiante. J’avais envie de rester avec Tsukiko et le maître, de savoir sur quoi leur relation allait aboutir : relation amoureuse ? amitié ?

Je viens d’emprunter la suite, je vous en parle très vite !

Note :*****