La fille du train de Paula Hawkins

fille du trainHello les bouquineurs de passage !

On a évoqué plusieurs coups de cœurs ces derniers temps. Au fil de mes pérégrinations littéraires, il y a certes de jolies surprises mais également de sacrées déceptions.

La fille du train fait hélas partie de cette seconde catégorie.

De prime abord, je lis assez peu polars. Mais quand je me suis tombée sur cette bande annonce avec Emily Blunt, je me suis rappelée que j’avais vu ce best-seller dans ma médiathèque et je l’ai emprunté dès que j’ai pu.

J’en profite au passage pour vous dévoiler l’un de mes péchés mignons :  Quand un film adapté d’un livre sort au cinéma, je cours le lire avant d’aller le voir. C’est plus fort que moi, à croire que j’adore me spoiler toute seule…. (« vous avez demandé l’hôpital psychiatrique, ne quittez pas :  » Bonjour, je m’appelle L et je suis « adaptophile » anonyme »).
Bref.
Toujours est-il que j’avais du coup dévoré Gone Girl, Hunger Games, Drive avant de voir les films.

Une bonne idée d’avoir céder aux sirènes de la curiosité en empruntant La fille du train ? Pas sûre hélas…

Avant de développer, on ne coupe pas à la quatrième de couv :

Entre la banlieue où elle habite et Londres, Rachel prend le train deux fois par jour : le 8h04 le matin, le 17h56 le soir. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants, qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait. Heureux, comme Rachel et son mari ont pu l’être par le passé, avant qu’il la trompe, avant qu’il la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit Jess dans son jardin avec un autre homme que Jason. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Ai-je été séduite par ce pitch, passant moi-même énormément de temps dans les trains de banlieue pour aller au boulot ? Probablement.

Mais je n’ai pas été hyper emballée par ce livre. Je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage de Rachel, ni à trouver d’intérêt à l’intrigue portant sur la disparition de Jess.

D’emblée, il y a une étrange similitude avec Les apparences de Gyllian Flynn : un chapitre par personnage un peu comme un journal intime, des histoires de couples borderline, des personnalités troubles. Des traits similaires donc, mais niveau écriture, on ne joue plus vraiment dans la même catégorie. Et c’est un peu là que le bât blesse car c’est quand même (un peu, beaucoup) écrit avec les pieds. Clairement un à deux crans en dessous du Gyllian Flynn.

Au final, une lecture assez rapide mais globalement décevante. Et qui ne m’a pas même pas donner envie de voir le film. Dommage.

Et vous avez eu l’occasion de le lire ? Avez-vous vu le film ?

Catégorie : 2 étoiles

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La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette

la-femme-qui-fuit-danais-barbeau-lavaletteHello les bouquineur.se.s de passage !

Et si on se réchauffait un peu, entre deux tasses de thé fumant, avec une petite chronique littéraire ?

Passons l’Atlantique pour parler, non pas des Etats-Unis et de leur insupportable président Trump (Sortirons-nous un jour de ce cauchemar ?) mais de littérature québécoise, en vous présentant le livre lauréat du prix littéraire France – Québec 2016 : La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette.

Ce qu’en dit la quatrième de couverture :

Anaïs Barbeau-Lavalette n’a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s’appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours.
Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l’auteur a engagé une détective privée. Les petites et les grandes découvertes n’allaient pas tarder.
Enfance les pieds dans la boue, bataille contre les petits Anglais, désir pour un directeur de conscience, fugue vers Montréal, frénésie artistique des Automatistes, romances folles en Europe, combats au sein des mouvements des Noirs de l’Amérique en colère :  elle fut arracheuse de pissenlits en Ontario, postière en Gaspésie, peintre, poète, amoureuse, amante, dévorante… et fantôme.

La femme qui fuit, c’est l’aventure d’une femme explosive, une femme volcan, une femme funambule, restée en marge de l’histoire, qui traverse librement le siècle et ses tempêtes.

Pour l’auteur, c’est aussi une adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.

Une quatrième de couv qui donne le ton.
Pour paraphraser ce résumé, Anaïs Barbeau-Lavalette n’a pas connu sa grand-mère, seulement les ravages qu’elle a causés dans la vie de sa mère (et par répercussions dans la sienne) du fait de son absence.

Sur la forme, le style est particulièrement fort puisque l’auteur utilise le « tu » pour s’adresser à Suzanne, cette grand-mère inconnue, en retraçant son quotidien de sa naissance à sa mort grâce aux informations issues de l’investigation d’une détective privée. Le « tu » comme assertion mais aussi parfois comme questionnement.

Sur le fond, ce livre est dune grande intensité, par le parti pris de l’apostrophe, mais également par l’histoire terrible et véridique de Suzanne, cette femme éprise de liberté, terrifiée à l’idée de devenir comme sa propre mère, femme au foyer ankylosée dans la maternité avec une ribambelle d’enfants, vivant sans passion et s’oubliant elle-même, prête à se noyer. Pour fuir ce déterminisme social et sexué, elle abandonne ses 2 enfants en bas âge, sans se retourner. En échappant à cette maternité qu’elle vit comme une prison, Suzanne aspire à se réaliser professionnellement, intellectuellement ou du moins artistiquement et fréquente l’intelligentsia québécoise sans pour autant y appartenir  pleinement (à l’exemple du plaidoyer qu’elle a refusé de signer).

Un récit bouleversant, d’une incroyable tristesse, que l’on garde longtemps en mémoire. Cette décision de tout abandonner et ainsi de broyer sa famille, ses enfants, le destin de sa fille Mousse (la mère de l’autrice) m’a littéralement prise aux tripes, avec d’autant plus de force qu’il s’agit d’une histoire vraie.
Un livre qui explore le rapport de Suzanne à la maternité comme un obstacle à l’engagement professionnel (qui, sans aller dans de pareils extrêmes,  reste un casse tête pour la grande majorité des femmes).

Mais avec quelle distance lire ce livre ? Ce type d’exercice est toujours un peu périlleux, à cheval entre l’autobiographie, l’autofiction et la fiction pure. Quelle est la part de « vérité » ? Qu’en est-il de toutes les parties sur les relations intimes de Suzanne, sont-elles « réinventées » par sa petite-fille, l’autrice ? Entre réel et fiction ? C’est d’autant plus troublant qu’est plantée, au milieu du livre, une véritable photo de leur famille, insérée entre des éléments de biographie et des passages plus romancés.

Un des leitmotivs de ce blog est de ne pas dévoiler la fin des ouvrages cités. Mais, je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous ce passage très fort, dans les toutes dernières pages :

Parce que je suis en partie constituée de ton départ. Ton absence fait partie de moi, elle m’a aussi fabriquée. Tu es celle à qui je dois cette eau trouble qui abreuve mes racines, multiples et profondes.
Ainsi, tu continues d’exister.
Dans ma soif inaltérable d’aimer.
Et dans ce besoin d’être libre, comme une nécessité extrême.
Mais libre avec eux.
Je suis libre ensemble, moi. (p. 376)

Bien que les décisions prises par Suzanne soient révoltantes à plus d’un titre, ses interrogations et son cheminement en tant que femme, mère et intellectuelle peuvent faire écho à nos propres interrogations. Je vous recommande chaudement ce livre.

Pour plus d’infos sur le prix France-Québec et Anaïs Barbeau-Lavalette ICI !

Catégorie : 4 étoiles

La saison des Bijoux d’Eric Holder

La_saison_des_bijoux_eric_holderBonjour à vous les bouquineur.se.s !

Bien que le temps ne s’y prête plus vraiment (glaglagla), petit retour sur une lecture de vacances, qui sentait bon le soleil, le sable et les cornets de glace 3 boules (car qui réussit à ne se contenter que de 2 parfums, je vous le demande !).

Détour par le bord de mer, et plus précisément, par le village de Carri, station balnéaire fictive où Bruno et Jeanne, marchants ambulants, ont garé les pneus de leur fourgonnette, le temps d’un été.

Fraîchement débarqués de leurs montagnes du Massif Central, flanqués de leur ado Alexis et de leur fidèle ami Virgile, ils sont en quête de soleil donc, de bains de mer, mais également de fortune, attirés par la renommée de ce marché « flamboyant ».

Mais leurs premiers pas de « sédentaires » ne se feront pas sans difficulté, le-dit marché étant régi d’une main de fer par l’insupportable Fourgeaud.

Petit point sur la 4ème de couverture :

« Faire une saison », c’est l »idée que Jeanne et Bruno, un couple de marchands ambulants, se sont mis en  tête. Cet été, ils planteront parasols et tréteaux au grand vent de l’Atlantique, sur la place du village de Carri. Là-bas les attend Fourgeaud, le boss du marché, despote au passé obscur. Frappé par la beauté de Jeanne, il n’a plus qu’une obsession : avant la fin de l’été, elle sera à lui.

Ou comment le marché de Carri, d’apparence bigarré et festif, se révèle le théâtre des plus féroces négociations pour obtenir le meilleur emplacement et à tout prix, l’expression n’est pas trop faible, éviter la « poubelle » autrement dit, les places reléguées en lisière du marché, à l’ombre des toilettes publiques.

Dans ce roman, j’ai beaucoup aimé l’univers du marché de vacances justement, avec ses différents stands et sa galerie de marchands tous plus « hauts en couleurs » les uns que les autres, entre artistes contrariés et étalagistes nés…

Le personnage de Jeanne, à la fois femme, mère, muse, est l’un des plus forts de l’intrigue. Mais j’ai un peu (beaucoup) tiqué sur le « traitement » réservé à cette pauvre femme, d’une beauté à couper le souffle et par conséquent, sacrifiée sur l’autel du désir et de la brutalité des hommes. C’est aussi ce qui m’a empêchée de me laisser emporter complètement par ce roman… La façon dont son mari la « rééduque » m’a laissée pantoise.

Au final, un moment de lecture plaisant malgré cette dernière note franchement dissonante.

Classement : 3 étoiles

Les délices de Tokyo de Naomi Kawase [Film]

delices-tokyoHello les bouquineurs de passage,

Tentons d’insuffler un peu de vie à ce blog en complète perdition et une fois n’est pas coutume, parlons cinéma (Tchi tcha !).

L’édition 2018 du Festival de Cannes a débuté la semaine passée et à cette occasion, Arte diffuse de nombreux films primés, dont ce bien joli film : Les délices de Tokyo de Naomi Kawase.

 

Petit point résumé :

Sentarô tient une petite échoppe de dorayakis, pâtisserie japonaise faite de 2 pancakes garnis de pâte de haricots rouges. Taciturne, Sentarô exerce son métier non sans une certaine monotonie. Un jour, il fait la connaissance de Tokuê, une femme quelque peu âgée qui répond à son offre d’emploi d’aide en cuisine. Gêné par son âge avancé, Sentarô lui refuse d’abord le poste. Mais mis devant les talents exceptionnels de cette cuisinière hors-pair, il finira par l’engager.
Entre ces 2 passionnés de cuisine va dès lors se tisser un véritable lien d’amitié sous l’œil complice de Wakana, une jeune collégienne esseulée. 

Mon avis ? Ce film est un véritable coup de cœur.
En relatant le quotidien de ces 3 personnages dans le Tokyo d’aujourd’hui, la réalisatrice dépeint tout en nuances la société japonaise actuelle et dénonce les différentes formes d’exclusion dont sont victimes Sentarô, Tokuê et Wakana.

Une histoire de transmission intergénérationnelle mais aussi une réflexion sur le poids du passé qui imposent nos « choix » de vies.

Les 3 personnages sont touchants et attachants, on se prend d’affection pour eux et on a envie de se glisser avec eux, dans la petite boutique baignant dans l’odeur des dorayakis.

Adapté du roman éponyme de Durian Sukegawa, que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire, Les délices de Tokyo est un film plein de grâce, une ôde à la tolérance et une exhortation à rester soi-même et à suivre sa propre voie.

Un vrai petit bijou d’humanité et de sensibilité que je ne saurai trop vous recommander en ces temps de repli sur soi et de peur de l’autre.

N’hésitez pas à le (re)voir ce soir sur Arte ou dès à présent (gratuitement !!) sur leur site, jusqu’au 20 mai !

Catégorie : *****

 

 

 

Une bonne année 2018…

Bonjour à vous, bouquineurs de passage !

À quelques minutes de la fin janvier, je me décide enfin à sortir de mon trou, pour vous souhaiter les bons vœux. L’année est pourtant bien entamée d’un quasi 12ème de son temps mais mon souhait est fort d’essayer d’animer enfin cet espace en complète perdition.

Une année, 12 mois, 365 jours de complète jachère… des lectures oui, des posts dans la tête aussi mais une impossibilité à les traduire en frappes azerty…

Alors, belle année 2018 à tous, qu’elle soit heureuse, bénéfique, jouissive, festive, riche en culture, riche en lectures… et espérons-le aussi… en écriture…

Belle et douce année 2017

dsc_1004Hello les bouquineuses et bouquineurs de passage !

Je profite de ce début d’année tout neuf pour vous souhaiter une très belle et heureuse année 2017. Comme dirait Mylène, pourvu qu’elle soit douce…  et j’ajouterai que ces prochains mois soient aussi joyeux, lumineux et vous apportent tout plein de belles choses.

Ici pas vraiment de liste de bonnes résolutions, mais l’envie surtout de continuer à lire, encore et encore, toujours un peu plus. Essayer aussi d’écrire sur ce blog plus fréquemment (et aussi un peu mieux) pour continuer de partager ces lectures avec vous…

Au plaisir de vous lire également !

Réparer les vivants de Maylis de Kerangal

reparer les vivants maylis de kerangalHello les bouquineurs et bouquineuses de passage !

Finis les atermoiements, il est temps de se remettre en selle… Avant d’aborder mon escapade québécoise, je tenais à vous parler du roman de Maylis de Kerangal, Réparer les vivants, un nom au triste écho en ces temps troublés.

Un livre multi-primé et recommandé de toutes parts qui vient tout juste d’être adapté au cinéma.

Tradition oblige, petit aperçu de la quatrième de couverture avant d’aller plus loin :
(Attention pour ceux et celles qui ne veulent pas se voir dévoiler l’intrigue, passez cette quatrième de couverture car elle en révèle énormément ! ) :

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. »

Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Cette quatrième de couverture est d’une justesse rare, on pourrait difficilement mieux résumer le roman de Maylis de Kerangal (voilà, fin du billet, merci de l’avoir lu !).
Plus sérieusement, car le propos n’est tout de même pas léger, Réparer les vivants est un livre qui parle de la mort mais aussi, et surtout, de la vie, de ceux qui restent et de ceux qui se battent pour qu’elle subsiste.

L’histoire commence avec un trio de jeunes surfeurs qui se lèvent aux aurores pour aller braver la vague. Sur le chemin du retour, ivres de  fatigue, ils sortent de la route avec leur van. Deux seulement avaient une ceinture de sécurité, le troisième, Simon, finit dans le pare-prise. Mort cérébrale.

Dès le départ, le diagnostic est posé : Simon est en mort cérébrale, son cerveau n’a plus aucune activité alors que ses organes, dont son cœur, peuvent continuer à fonctionner avec un soutien artificiel. Un candidat parfait pour un éventuel don d’organes. Et c’est tout l’enjeu de la première partie du roman, à la fois annoncer la mort cérébrale de Simon à sa famille tout en abordant la possibilité de prélever ses organes en vue d’une transplantation. On suit dès lors ses parents, Marianne et Sean, séparés qui se retrouvent dans cette douleur, âmes perdues, déboussolées, qui voient leur monde s’écrouler avec l’annonce de la mort de leur fils, accablés par le choc, la sidération, la douleur, la colère, le déni, autant de sentiments qu’ils vont devoir appréhender avec la question du don d’organes.Lire la suite »

Sous l’eau…

waterHello les bouquineurs et bouquineuses de passage !

Avec la reprise du boulot, je suis complètement dépassée, tellement, que je peine à me maintenir à une chronique par mois, ce qui n’est pourtant pas la mer à boire (amis du jeu de mots, non ne fuyez pas !)

J’ai réussi à retrouver un vrai rythme de lecture, là où durant mon congé parental, je terminais péniblement un livre en deux mois, et encore, quand j’arrivais à le terminer.

J’en ai des choses à vous raconter : déjà, ce petit condensé de lecture québécoise avec le prix France Québec mais également deux coups de cœur absolus qui m’ont transportée, des livres qui m’ont laissée perplexe, un polar carrément bof et tant d’autres encore…

Allez on y croit, je vous en parle bientôt (avant Noël) ! Si entre temps, vous avez des conseils lecture, je suis preneuse : j’ai entrepris de m’attaquer à Jim Harrison avec Dalva et j’ai réservé le dernier livre de Leïla Slimani Chanson douce à la médiathèque…

Affaires à suivre donc…